Professionnel de la comptabilité, l'expert-comptable peut être très utile pour simplifier la vie des entreprises. Mais est-il indispensable ou obligatoire ? L'expert-comptable a-t-il encore sa place dans l'entreprise du XXIème siècle ?

Un conseiller avisé qui reste facultatif

Si la première mission de l'expert-comptable est de tenir, surveiller, arrêter la comptabilité et attester de sa sincérité, il demeure un conseiller avisé des entreprises en matière de développement. Son expertise lui permet d'intervenir dans la gestion quotidienne, les opérations de financement, la fiscalité, l'organisation et l'équipement. Pour toutes ses compétences, l'expert-comptable reste un conseiller privilégié du chef d'entreprise. Sa présence aux côtés de l'entreprise est cependant facultative au regard de la loi. Aucun texte législatif ou réglementaire n'exige le recours à un expert-comptable pour une entreprise, et ceci, quels que soient la taille ou le statut juridique de cette dernière.

Pas obligatoire mais parfois exigée !

Le recours à un expert-comptable reste néanmoins souvent conseillé dans les petites entreprises pour accompagner au quotidien l'entrepreneur et lui éviter toute maladresse comptable, fiscale ou financière. Sa présence rassure les partenaires de l'entreprise notamment ceux prêts à y investir. Il est à noter que la plupart des centres de gestion agréés exigent de leurs entreprises individuelles (BIC ou BNC) clientes le recours à un professionnel de la comptabilité inscrit à l'ordre des experts-comptables.

Ne pas confondre l'expert-comptable et le commissaire aux comptes

Il est fréquent de confondre l'expert-comptable et le commissaire aux comptes. De fait, 90 % des commissaires aux comptes appartiennent aussi à l'ordre des experts-comptables. Or la loi impose systématiquement aux Sociétés Anonymes (SA) la nomination d'un commissaire aux comptes ainsi qu'aux SAS, SNC, SCS, SARL et EURL au-delà de certains seuils. Une confusion qui tend à faire croire à l'obligation légale de recourir à un expert-comptable pour ces types d'entreprises.

Peut-on se passer d'un expert-comptable ?

Dans les petites entreprises, le choix de recourir ou non à un professionnel de la comptabilité est avant tout une décision d'ordre budgétaire. Le recours à un expert-comptable peut coûter cher. Pour les Très Petites Entreprises (TPE) qui réalisent un petit chiffre d'affaires les honoraires de l'expert-comptable peuvent apparaître exorbitants au regard du service rendu. La saisie comptable est facturée entre 60 € et 90 € HT de l'heure ! Un taux horaire pas vraiment anodin qui ne tient pas compte des éventuels services supplémentaires ! Le chef d'entreprise a dans ce cas tout intérêt à acquérir les compétences indispensables et s'octroyer le temps nécessaire à la tenue de sa comptabilité. Dans le cas des travailleurs indépendants, ce choix budgétaire doit être fait à l'aune de l'obligation qui leur est faite de passer par un expert-comptable ou un centre de gestion agréé pour faire certifier leur bilan, sous peine de voir leur base de cotisation TNS majorée de 25 % !

On le constate, si la loi n'impose pas directement le recours à un expert-comptable, la pratique et notamment la croissance perpétuelle des obligations déclaratives subie par les chefs d'entreprise le rende bien souvent indispensable. A ce titre, les experts-comptables ont un bel avenir devant eux tant l'administration française est imaginative en termes de formalités obligatoires diverses et variées. Une situation qui démontre une fois de plus qu'une simplification administrative participerait à la restauration des marges des entreprises notamment de celles qui débutent !