Enjeu stratégique fondamental, les entreprises ont besoin de garder la plus grande confidentialité sur leurs données pour protéger leurs avantages concurrentiels et les parts de marché qui en découlent. Pour autant, il n'est pas rare de voir les informations fuiter, et notamment en France, où pour des questions de mentalité, cette problématique n'est pas toujours traitée à sa juste valeur par les entreprises. Tour d'horizon des comportements pour se protéger de l'espionnage et de l'intelligence économique.

Différence entre intelligence économique et espionnage

Avant toute chose, l'amalgame étant souvent rapidement fait entre intelligence économique et espionnage, il convient de rappeler que ces notions n'intègrent pas les mêmes paramètres. Si les deux visent à récupérer des informations sur les entreprises concurrentes, les méthodes employées ne sont pas les mêmes.

La première, l'intelligence économique, dite IE, consiste en un recueil de données publiques en tout genre sur l'entreprise ciblée, qu'il s'agisse d'articles de presse, de communiqués, d'interviews... obtenues de manière légale. Ces données font ensuite l'objet d'analyses et de recoupements puis, assemblées les unes aux autres, elles permettent alors de faire émerger une information clé.

A contrario, l'espionnage repose sur l'acquisition d'informations, selon des procédés illicites (écoutes téléphoniques, piratage informatique, corruption...).

Moyens de protéger son entreprise

Dans les deux cas, l'entreprise, quelle que soit sa taille (des PME aux groupes internationaux), doit être en mesure de protéger ses informations pour maintenir sa compétitivité. Les analystes précisent que les fuites des données proviennent principalement de deux grandes sources, humaine d'une part, et informatique d'autre part.

L'Homme reste pour beaucoup dans la divulgation des données. On distingue le cas des informations échangées de manière officieuse entre collègues en dehors de l'entreprise et qui peuvent arriver aux oreilles des personnes mal intentionnées (transports en commun par exemple) ou dans les locaux même de l'entreprise (visiteurs externes). Cela vaut aussi pour les missions sur ordinateur effectuées dans les lieux publics avec le développement du travail nomade, et les dossiers confidentiels laissés sur les bureaux à la vue de tous.

On dénombre également les fuites d'informations qui sont liées à une mauvaise attribution des fonctions des salariés, comme celles allouées à des stagiaires mais qui requièrent l'accès à des données clés.

L'entreprise doit redoubler de vigilance quant au facteur humain, à savoir sensibiliser ses collaborateurs sur la discrétion, limiter l'accès à certaines informations, et se prémunir dès que nécessaire de clauses de confidentialité et de non-concurrence.

Le second cheval de bataille, sur lequel de nombreuses entreprises sont au fait, concerne la sécurité informatique, pour éviter les intrusions dans les systèmes de données (logiciels d'analyses, pare-feu, changements régulier de mots de passe, travail en mode privé...). A l'instar des ordinateurs, elles ne pensent pas encore assez à protéger les autres outils informatiques connectés à internet, comme les smartphones par exemple.

Si les grandes entreprises ont l'habitude de déposer et de breveter toutes leurs innovations pour en garder la propriété, les PME sont toutefois à la traîne et ne font pas systématiquement la démarche auprès de l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle).

Coûts et enjeux de la protection contre l'intelligence économique et l'espionnage

D'un point de vue général, les entreprises françaises, et particulièrement les PME, ne prennent pas suffisamment en considération la menace de l'intelligence économique et de l'espionnage, qui pourtant plane sur la compétitivité et la survie des organisations.

Elles ont du mal à matérialiser cette réalité bien présente, où elles associent l'espionnage à de la science-fiction. De plus, non convaincues du danger potentiel, elles ont alors encore plus de difficultés à envisager d'investir dans cette protection coûteuse dont les résultats apparaissent difficilement chiffrables en retour.