Loin d'être un concept récent, l'entrepreneuriat social est en vogue depuis quelques années. Considéré par certains comme le modèle économique qui pourrait sauver et révolutionner les pays riches, ce phénomène innovant prend aujourd'hui une ampleur mondiale.

Entrepreneuriat social, un concept innovant de plus de 40 ans d'existence

Les premières actions d'entrepreneuriat social datent des années 80, mais c'est depuis une dizaine d'années que ce concept a véritablement émergé. Les mutations profondes de l'économie des grandes puissances mondiales ont donné naissance à l'entrepreneuriat social, l'entrepreneuriat solidaire, ou encore la RSE (responsabilité sociétale des entreprises).
Ecarts de richesses entre pays pauvres et pays riches, différences au sein même des pays, crise économique, ont déclenché de larges prises de conscience. Face à l'incapacité des gouvernements à trouver des solutions concrètes et efficaces, les citoyens ont décidé de passer à l'action. L'entreprise sociale s'est imposée comme un moyen efficace de lutte contre les inégalités.
Ces entreprises comme toutes les entreprises ont besoin d'être lucratives pour survivre. Mais leurs dirigeants intègrent au coeur de leur projet l'intérêt général. Il s'agit de redonner du sens, une âme à l'esprit d'entreprise.
L'entrepreneuriat social repose sur 3 fondamentaux qui constituent une juste combinaison entre les moyens des entreprises, les associations et l'État : un projet économiquement viable à vocation sociale et/ou environnementale, construit selon un processus de décisions élargies, rentable avec des bénéfices limités et mieux répartis.
Les entreprises sociales couvrent de nombreux secteurs d'activités. Leur développement est généralement centré sur la réinsertion professionnelle, la redynamisation de certaines zones géographiques désertées, et les questions environnementales. Le financement se différencie souvent du modèle économique classique avec par exemple le recours au crowdfunding ou au financement participatif.

Entrepreneuriat social, le modèle économique de demain ?

Et si l'entrepreneuriat social devenait un jour le projet de toute la société ? De nombreuses raisons, aujourd'hui, laissent penser que ce modèle pourrait détrôner le schéma classique de l'entreprise dans les années à venir.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes, l'entrepreneuriat social représente une part croissante du PIB (près de 10%) des grandes puissances. Le magazine Forbes s'est emparé du sujet et établit désormais, parmi ses prestigieux classements, celui des « 30 social entrepreneurs ». Au palmarès des activités distinguées : une plateforme de bénévolat pour la jeunesse, le biochar en Afrique pour aider les agriculteurs à produire mieux et plus avec moins, ou encore le groupement de particuliers pour acheter de l'énergie moins chère.
Les gouvernements investissent également ces nouveaux territoires économiques à travers des programmes et des fonds dédiés. Dans un contexte actuel où le désengagement des États devient de plus en plus prononcé, où les mesures de lutte contre la pauvreté et l'exclusion restent inefficaces,  l'entrepreneuriat social apporte un nouveau souffle, moteur de croissance et levier en faveur de la réinsertion.
Les jeunes générations, élevées, confrontées de plein fouet et sensibilisées aux difficultés de la société moderne ont fait émerger un nouveau visage d'entrepreneurs. Des femmes et des hommes capables de casser le modèle de l'entreprise classique, pour créer des structures plus responsables, gouvernées par l'intérêt général avec des convictions différentes.