Qu'il s'agisse de démarrer son activité ou de développer son affaire, l'entrepreneur peut avoir besoin d'un coup de pouce financier pour développer son projet. Outre le traditionnel prêt bancaire, le dirigeant peut faire appel à des investisseurs en capital. Focus sur la levée de fonds.

Pourquoi lever des fonds ?

La levée de fonds est une solution de financement qui permet à l'entrepreneur soit de lancer son affaire (constitution d'un capital amorçage), soit de poursuivre le développement de celle-ci (constitution d'un capital développement).
A contrario des prêts bancaires classiques, l'entrepreneur ne s'endette pas, puisqu'il vend des titres de sa société à des investisseurs extérieurs qui entrent en contrepartie dans le capital de l'entreprise et se rémunèrent sur les bénéfices réalisées par celle-ci.

Les investisseurs accompagnent généralement les entreprises pour une durée de 3 à 5 ans en espérant obtenir un rendement optimal, puis revendent ensuite leurs parts.

Si la levée de fonds représente un outil utile en termes de financement, elle peut entrainer une perte d'indépendance, puisqu'elle implique, outre le partage des bénéfices, la répartition du pouvoir de décisions entre les différents actionnaires, le plus souvent à hauteur de leur prise de participation.

La levée de fonds peut comporter une dimension plus technique et rechercher un apport de compétences par exemple.

Quels investisseurs solliciter pour une levée de fonds ?

Il existe deux grandes catégories d'investisseurs pour procéder à une levée de fonds.

Les Business Angels d'une part sont des personnes physiques, qui s'investissent dans des entreprises innovantes en phase de création. Outre l'apport de capitaux, généralement compris entre 50 000 et 500 000 euros, ils aident également les dirigeants en termes de savoir-faire, de compétences et de réseaux.

Les sociétés de capital investissement d'autre part interviennent pour des montants en général plus élevés. Il peut s'agir de filiales de banques ou de compagnies d'assurance, ou de fonds familiaux par exemple. Certaines sont plus spécialisées en matière de capital développement, d'autres en capital risque, ou encore en retournement d'entreprise en situation de difficultés.

Réussir son opération séduction auprès des investisseurs

Si au premier abord une levée de fonds semble facile à opérer au regard du nombre important d'intervenants sur ce secteur, son succès s'avère pourtant plus délicat qu'il n'y paraît.

Le dirigeant doit construire scrupuleusement son projet en amont, notamment concernant ses besoins financiers et/ou techniques, le partage des bénéfices et des décisions, mais aussi la sortie des investisseurs du capital. Cette étape indispensable permet de déterminer, puis de cibler, les investisseurs susceptibles de répondre aux attentes de l'entrepreneur (en fonction de leur taille, leur domaine d'expertise, leur culture, leur notoriété...) mais également d'être intéressés par son projet. Si ceux-ci sont spécialisés selon qu'il s'agisse de fournir un capital d'amorçage ou de développement, ils s'intéressent aussi, hormis l'aspect financier de l'opération, à un nombre d'éléments complémentaires comme le secteur d'activité, la région, ou encore la personnalité de l'entrepreneur... Pour sélectionner les bons interlocuteurs, l'expert comptable de l'entreprise, son banquier, la CCI ou encore Bpifrance peuvent s'avérer de bons conseils.

Une fois les premiers contacts pris, l'entrepreneur doit constituer avec le plus grand soin son dossier de présentation, qu'il devra défendre auprès des investisseurs (de lui-même pour plus de crédibilité et de chances de réussite). Outre les bilans, comptes de résultats, listings clients et fournisseurs, le business plan est un élément clé, sans que l'entrepreneur ne tombe toutefois dans les pièges d'un tel document. En plus d'une description de l'entreprise, de son marché et de ses concurrents, celui-ci doit comprendre des estimations chiffrées qui soient réalistes, au plus près de la réalité du marché. L'entrepreneur peut se soumettre au test du regard extérieur (ami ou connaissance professionnelle) afin d'avoir un avis sur son raisonnement et la pertinence de ses arguments, et de procéder aux corrections éventuelles avant de rencontrer les investisseurs.

Lors du rendez-vous de présentation, l'entrepreneur, même stressé par l'enjeu, doit maîtriser son dossier sur le bout des doigts mais aussi donner l'envie aux investisseurs de s'associer à son projet. S'il essuie quelques remarques, il ne doit pas négliger de les entendre, ne pas se renfermer, et surtout rebondir. Une vigilance particulière doit être accordée à la confidentialité des données stratégiques de l'entreprise (brevet et RH par exemple), tant que les contacts ne donnent pas lieu à une première intention d'investissement.