Voici quelques conseils pratiques pour gérer son entreprise du bâtiment. Au-delà de vos qualifications professionnelles, vous devez également être un bon commercial et gestionnaire. Dans un environnement de plus en plus incertain, il est plus que jamais nécessaire de bien vous préparer pour assurer la progression de votre entreprise.
 

Maîtriser les questions juridiques et législatives

Gérer son entreprise de bâtiment implique de s'approprier les clés de la législation en vigueur. Les professions du BTP sont soumises aux codes suivants :

  • Code de la Construction de l'Habitation ;
  • Code des Marchés Publics ;
  • Code l'Artisanat ;
  • Loi 96-603, aussi appelée « loi Raffarin », relative au développement et à la promotion du commerce et de l'artisanat ;
  • Décret 98-246 qui détermine les règles à suivre en matière de qualification professionnelle des entreprises artisanales.

N'hésitez pas à demander les conseils d'un juriste ou de collègues dans le secteur afin de maîtriser au mieux la réglementation.

Assurer la sécurité de tous

C'est un aspect indispensable pour assurer la gestion de son entreprise du bâtiment. Le secteur du BTP observe des règles strictes en matière de sécurité et de prévention des accidents du travail. 3 décrets sont à lire avec attention : le décret 65-48 qui indique les mesures à appliquer en matière de protection et salubrité, complété par le décret 81-989, puis par le décret 95-608.

Cela peut paraître fastidieux, mais ce sont des étapes essentielles pour mener à bien vos travaux. Notez également qu'il faut vous renseigner sur l'évolution des normes européennes, qui viennent s'ajouter aux règles françaises.

Gérer la comptabilité

Assurer la gestion de son entreprise du bâtiment requiert de solides bases comptables ainsi qu'une connaissance des spécificités du secteur. Parmi les particularités à retenir, vous trouverez :

  • Le suivi des retenues de garantie : vos clients peuvent retenir 5% du total de la facture finale au moment des paiements, avant de vous les reverser 1 an plus tard si aucun problème matériel n'est constaté.
  • Le résultat des travaux : à vous de déterminer le moment qui vous semble opportun pour constater le résultat de votre chantier. Deux options s'offrent à vous : la méthode de l'achèvement des travaux, qui comme son nom l'indique repousse le constat à l'issue du chantier, et la méthode de l'avancement des travaux où les résultats sont appréhendés au fur et à mesure de la réalisation.
  • La sous-traitance directe : si vos clients souhaitent payer directement un de vos sous-traitants, le montant doit transiter par votre comptabilité même s'il n'est pas encaissé.

En matière fiscale également, sachez que certains travaux sont éligibles au taux réduit de TVA (5,5%), à savoir les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien sur des habitations achevées depuis plus de 2 ans. Pour bénéficier de ce taux réduit, vous devez impérativement demander une déclaration écrite de la part de votre client.

Le taux normal de TVA (19,6%) s'applique quant à lui à la production d'immeubles neufs, ou à des travaux qui aboutissent à la création de surfaces significatives ou la rénovation de plus de 2/3 du second oeuvre.

Enfin, pensez à prévoir dans votre plan comptable des provisions fiscalement déductibles, à savoir celles correspondant aux risques d'une perte probable sur chantiers, mais aussi les provisions pour garanties décennales, triennales et de bonne fin de chantier que vous devez à vos clients.

Gérer le personnel

Plusieurs conventions collectives nationales organisent la gestion des salariés du BTP, en fonction de la taille de votre entreprise et du statut de vos employés : Convention Collective Nationale des ouvriers des entreprises du Bâtiment de moins de 10 salariés, de plus de 10 salariés, Convention Collective Nationale des ETAM du Bâtiment, des Cadres du Bâtiment, etc.

N'oubliez pas que chacune de ces conventions est complétée par des accords nationaux et régionaux qui régissent le secteur du Bâtiment et des Travaux publics.