Evitant Kaboul, sur laquelle les talibans ont lancé quelques roquettes au lever du jour, visant sans le toucher le QG des forces américaines et de l'Otan, il s'est posé quelques heures sur la principale base américaine dans le pays, Bagram, à une cinquantaine de km au nord de la capitale.

"Il est clair que nous devons continuer de lutter contre les talibans et les autres (groupes terroristes) de façon à ce qu'ils comprennent qu'ils ne gagneront jamais au plan militaire", a indiqué M. Tillerson à la presse, après une rencontre avec le président Ashraf Ghani et le chef de l'exécutif Abdullah Abdullah.

Quelque 3.000 hommes supplémentaires ont été annoncés en renfort des 11.000 Américains déjà déployés, pour encadrer et former les forces afghanes et au nom de la lutte contre le terrorisme.

"Le secrétaire Tillerson et le président Ghani se sont rencontrés le 23 octobre et ont réaffirmé l'engagement américano-afghan à parvenir à la paix et à la stabilité" en Afghanistan, a indiqué sur Twitter l'ambassade américaine à Kaboul.

La discrétion de cette visite s'explique par la tension qui règne actuellement en Afghanistan, théâtre de sept attaques et attentats en cinq jours, qui ont fait plus de 200 morts parmi les forces de sécurité et les fidèles d'une mosquée de Kaboul.

Les talibans ont revendiqué la plupart de ces opérations pour protester contre l'augmentation des frappes américaines et dénoncer leur nouvelle stratégie.

- Roquettes et attentats -

En outre, il y a trois semaines, le 27 septembre, une visite de Jim Mattis, le secrétaire d'Etat à la Défense, avait été ponctuée de tirs de roquettes et de mortiers sur l'aéroport de Kaboul qui avaient fait un mort et onze blessés.

Rex Tillerson doit ensuite se rendre mardi au Pakistan voisin, dénoncé par le président Donald Trump pour son manque d'action concrète contre les talibans et autres groupes extrémistes.

"Nous voulons coopérer étroitement avec le Pakistan pour créer un environnement plus stable et plus sûr, au Pakistan même", a-t-il indiqué. 

Mais il s'agit de la part des Etats-Unis "d'un engagement sous conditions" a-t-il de nouveau prévenu: le gouvernement d'Islamabad "doit avoir une vision claire de la situation à laquelle il est confronté, du nombre de groupes terroristes qui ont pu trouver asile chez lui", a-t-il insisté.

Les renseignements militaires pakistanais sont fréquemment accusés par Kaboul de soutenir et financer les talibans et le réseau terroriste Haqqani qui leur sont affiliés.

Récemment le Pakistan a cherché à donner des gages de bonne volonté aux Etats-Unis, leur principal allié et soutien militaire, en conduisant une opération sur la base de renseignements américains pour libérer un couple Canadien-Américain et ses trois enfants, retenus en otages depuis cinq ans.

La semaine dernière, le chef de la CIA Mike Pompeo a affirmé que cette famille avait effectué toute sa détention au Pakistan, et non en Afghanistan comme l'affirmait l'armée pakistanaise. Celle-ci avait affirmé que les otages venaient d'être transférés au Pakistan.